Informations nationales: Le jour où Cicéron a prouvé que la culture est une arme politique #France
Le jour où Cicéron a prouvé que la culture est une arme politique annoncé par Le Point – Toute l’info en continu le
A voir, cet encart sur internet dont la thématique est « Actualité française » et qui va vous séduire.
Publié sur Le Point – Toute l’info en continu, l’article suivant
Signature .
Date et heure de la réception de la dépéche sur notre fil d’info:
Date et heure de publication sur internet:
Titre exacte donné par le journal était: Le jour où Cicéron a prouvé que la culture est une arme politique
Information et contenu publiés :
En 62 avant notre ère, Marcus Tullius Cicero, célèbre orateur et homme politique romain, se présente devant le tribunal pour défendre un homme qui lui est cher : le poète grec Aulus Licinius Archias, natif d’Antioche, en Syrie. Ce dernier, installé depuis longtemps à Rome, voit son droit de cité contesté par un certain Gratius, qui l’accuse d’avoir usurpé la citoyenneté romaine. L’affaire, en apparence administrative, devient sous la plume de Cicéron un vibrant plaidoyer pour la culture et les lettres, et un modèle de rhétorique classique.
Archias est le maître de Cicéron, celui qui l’a initié à l’art de la poésie. Mais il est aussi, aux yeux de la société romaine, un étranger. Pour Cicéron, l’enjeu dépasse donc le simple sort d’un homme : il s’agit de défendre la place des arts et des lettres dans la cité. Le contexte est particulier : consul depuis deux ans, Cicéron a sauvé, l’année précédente, la République de la conjuration de Catilina, et Archias travaille à un poème célébrant cet exploit. En plaidant pour son maître, Cicéron plaide donc aussi pour sa propre gloire. Son discours suit le plan de la rhétorique judiciaire : exorde, narration, argumentation et péroraison.
Démontrer et convaincre
Il capte d’abord la bienveillance du public en rappelant son attachement personnel au poète et en s’excusant de traiter un sujet « nouveau » pour un tribunal : la poésie. Puis il retrace le brillant parcours de son maître, son arrivée à Rome et son intégration dans la société. Dans l’argumentation qui suit, l’orateur, textes de loi à l’appui, démontre que son client a respecté toutes les conditions pour obtenir la citoyenneté. Il réfute point par point les accusations de Gratius.
Puis il élargit le propos : même en supposant qu’Archias ne soit pas citoyen romain, ne mériterait-il pas de l’être par son talent ? La poésie et les lettres ne sont-elles pas essentielles à la grandeur de Rome ? Enfin, dans la péroraison, il résume ses arguments et rappelle aux juges que les poètes sont les gardiens de la mémoire des grands hommes.
Ce plaidoyer permettra à Archias de conserver sa citoyenneté romaine. Quant à Cicéron, le fait d’avoir réprimé dans le sang, en 63 av. J.-C., la conjuration de Catilina lui a valu des ennemis, et, en 58, il sera contraint à l’exil par une loi de Clodius avant d’être rappelé à Rome en 57. Il se consacrera de plus en plus à l’écriture et à la philosophie.
Ce qui fait la force du Pro Archia ? L’audace. Cicéron, loin de se contenter de défendre un homme, célèbre la culture comme fondement de la civilisation. Il affirme que la poésie immortalise les exploits des héros et que, sans les lettres, la gloire des Romains serait vouée à l’oubli. Cette idée, révolutionnaire à l’époque, fait de ce discours un texte fondateur de l’humanisme occidental. En soulignant, à travers ce cas particulier, l’importance de la culture dans l’identité romaine, c’est sa propre image de grand défenseur de la République que Cicéron renforce.
À LIRE AUSSI Cicéron, meilleur coach pour parler en publicSur le plan culturel, le Pro Archia marque un tournant dans la reconnaissance des lettres et de la poésie à Rome et constitue un exemple remarquable, encore largement plébiscité aujourd’hui, de la capacité à élargir le débat judiciaire à des enjeux universels.
Extrait du Plaidoyer pour Archias :
« Mais, afin de vous mieux disposer à le faire, je veux m’ouvrir à vous, Romains : j’avouerai l’amour trop vif peut-être, mais du moins honorable, que je ressens pour la gloire. Ce que j’ai fait pendant mon consulat, ce que j’ai fait, de concert avec vous, pour la sûreté de Rome et de l’empire, pour la conservation des citoyens, pour le salut de toute la République, Archias a voulu en consacrer la mémoire, son poème est commencé ; l’ébauche m’en a plu, et je n’ai pu voir ce qu’elle promet de grand et de beau, sans inviter le poète à finir son ouvrage ; car la plus belle récompense qui puisse dédommager la vertu des travaux et des périls, c’est la gloire et la renommée.
Sans ce mobile, Romains, pourquoi l’homme irait-il, dans le cours si borné d’une vie fugitive, se consumer de mille fatigues inutiles ? Certes, si l’esprit n’entrevoyait rien dans l’avenir, si le cercle étroit qui circonscrit notre existence bornait aussi l’essor de nos pensées, l’homme ne briserait pas ses forces, ne s’épuiserait pas dans la peine et les veilles, ne risquerait pas sa vie même avec tant d’ardeur ; mais il vit, dans tous les cœurs généreux, ce sentiment qui, nuit et jour, les anime de la passion de la gloire, qui les avertit de ne point limiter aux courts instants de la vie le souvenir de leur nom, et de l’égaler à la durée de tous les siècles.
Eh ! serions-nous donc assez aveugles, nous qui, par zèle du bien public, nous dévouons chaque jour à de nouveaux sacrifices, à des dangers nouveaux ; serions-nous, dis-je, assez aveugles pour consentir à traîner des jours sans calme et sans repos, si nous pensions que tout doit mourir avec nous ? Quoi ! lorsque tant de grands hommes ont pris soin de laisser après eux l’image, non de leur âme, mais de leur figure, dans des statues et des tableaux, ne devons-nous pas être bien plus jaloux encore de laisser à la postérité l’expression de nos pensées et de nos vertus fidèlement retracée dans l’œuvre du génie ?
Pour moi, tandis que j’agissais, j’aimais à me figurer que mes actions étaient comme une semence de gloire que je répandais dans l’univers pour l’immortalité. Perdrai-je, par la mort, tout sentiment, ou, comme l’ont pensé les plus sages des philosophes, quelque partie de moi-même conservera-t-elle quelque jouissance de l’immortalité ? Toujours est-il que c’est une satisfaction dont j’aime aujourd’hui à me repaître et à jouir en espérance.
Conservez donc à notre ville, Romains, un homme qui, par son honorable caractère, a mérité des amis aussi illustres que fidèles ; un homme que ses talents supérieurs, vous le savez, ont fait rechercher par les plus beaux génies ; un homme, enfin, dont la cause a pour base le bénéfice de la loi, le témoignage de Lucullus, l’autorité de toute une ville, les registres de Metellus. Et maintenant, […] s’il est permis de joindre à la recommandation des hommes la recommandation des dieux, daignez songer qu’Archias vous a toujours célébrés, vous, et vos généraux, et la gloire du peuple romain ; qu’il promet d’immortaliser encore par ses vers les derniers périls domestiques que nous avons courus ensemble ; qu’il est enfin du nombre de ceux qui ont toujours été considérés comme sacrés et traités de tels chez tous les peuples. Ouvrez-lui, je vous en conjure, l’asile de votre justice, et qu’il ait à se féliciter de votre générosité plutôt qu’à se plaindre de votre rigueur.
À Découvrir
Le Kangourou du jour
Répondre
Romains, ce que j’ai, selon ma coutume, dit simplement et en peu de mots sur le fond même de la cause, aura, j’ose m’en flatter, votre approbation unanime. Bien qu’étranger au ton du barreau, et aux formes judiciaires, l’éloge que j’ai fait et d’un poète en particulier et de la poésie en général, ne laissera pas, je l’espère, de trouver grâce à vos yeux. Quant au magistrat éclairé qui préside à ce jugement, je sais ce que je dois attendre de sa bienveillance. »
Cicéron, « Plaidoyer pour Archias », traduction Geroult, Durozoir et de Guerle, 1869.

#jour #où #Cicéron #prouvé #culture #est #une #arme #politique
Reprise de l’information dans un style journalistique professionnel descriptif en organisant les idées dans un ordre cohérent avec titres html
Publications sur le même objet:
Jacobins !.,Fiche du livre.
L’économie de la téléphonie/Sommaire.,Référence litéraire.
Projet:DGLFLF.,Informations sur cet ouvrage.
Ce texte, qui traite du sujet « Tournoi des Villes », vous est spécialement proposé par tournoidesvilles.fr. Le site tournoidesvilles.fr a pour but de créer différentes publications autour du sujet Tournoi des Villes communiquées sur la toile. Cette chronique est générée du mieux possible. Vous avez la possibilité d’envoyer un message aux coordonnées indiquées sur le site internet afin d’indiquer des précisions sur cet article traitant du thème « Tournoi des Villes ». En visitant régulièrement nos contenus de blog vous serez au courant des futures parutions.





